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L’Épiphanie 


Ou Théophanie, « manifestation de Dieu », est une fête chrétienne  qui célèbre le Messie incarné dans le monde et recevant la visite des rois mages. Jusqu’en 1802, elle se célébrait le 6 janvier depuis elle se fête le 2e dimanche après Noel soit le 1er dimanche de Janvier par un décret du pape Pie VII.

La genèse de l’Épiphanie démarre avec la fête païenne de la lumière. Il faut prendre conscience que Noel, avant la d’être la naissance de Jésus, symbolisait la fin des nuits les plus longues et par ricochet le rallongement des jours, ou la renaissance de la lumière. Cette célébration durait 12 jours et prenait fin le 6 janvier, jour où les jours commençaient à s’allonger de façon sensible. L’Épiphanie symbole de la manifestation de la Lumière. Et par sa forme ronde et sa couleur dorée, la galette des Rois symbolise le soleil.

Dans la culture grecque, les Épiphanes sont les douze dieux de l’Olympe, avec en premier lieu, Zeus, dieu de la Justice céleste.

Dans la Rome antique, l’épiphanie correspondait à la fin des Saturnales, fêtes durant lesquelles la hiérarchie pouvait être critiquée et parodiée. Durant cette période, les soldats tiraient au sort, grâce à une fève, un condamné à mort qui devenaient « roi » le temps des réjouissances. Une fois les Saturnales achevées, la sentence était malheureusement exécutée. Parmi les jeunes recrues, un roi était élu et pouvait commander tout ce qui lui faisait envie. Il était aussi de coutume de changer de rôle entre maître et esclave.

Jusqu’à la fin du 4e siècle, l’Épiphanie fut la grande fête chrétienne de la manifestation du Christ dans le monde. Des évêques comme Jean Chrysostome décidèrent que commémorer le même jour trois événements : l’adoration des mages, le baptême dans le Jourdain  et les noces de Cana. A partir du Moyen Âge, la chrétienté rassembla ces trois événements avec une préférence pour l’adoration des mages. Depuis l’introduction d’une fête de la Nativité (Noël) le 25 décembre, la liturgie actuelle de l’Épiphanie privilégie ces 3 événements selon ses confessions et ses cultures. Les catholiques fêtent l’Adoration des mages et les orthodoxes grecs, le Baptême du Christ, les Éthiopiens et les Arméniens, la célébration de Noël.

A partir du 19e siècle, l’épiphanie s’appellera aussi le « jour des Rois » en lien direct à l’adoration des rois mages.

Dans les églises byzantines, l’épiphanie commémore le baptême du Christ dans le Jourdain et la manifestation de la divine Trinité (la voix du Père et la colombe rendant témoignage au Fils). Ce jour-là, une croix est lancée par l’évêque dans un fleuve ou dans la mer et les jeunes gens rivalisent, en cette saison froide, pour plonger et la rapporter. La fête s’y appelle généralement Théophanie et elle débute par un jeûne le 5 janvier.

Dans l’Église arménienne, l’épiphanie est une des plus grandes fêtes de l’année car Noël n’est pas fêté le 25 décembre mais le 6 janvier. Selon les anciennes traditions païennes, un enfant ne devient le fils de son père que le jour de sa présentation à lui et la reconnaissance du fils par son père, et ce jour-là, on rend aussi grâce à la mère pour cet enfant reconnu par son père et qui se soumet à sa volonté. Le baptême de Jésus dans le Jourdain correspondait à cette présentation du Fils au Père, à l’acte de la soumission de Jésus à la volonté divine et la date où le Père se révéla à lui.

Depuis le 14e siècle, la galette des Rois était partagée en autant de parts que de convives, plus une, la part du Pauvre, destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis.

A partir de 1875, des figurines en porcelaine remplaceront les fèves des romains pour désigner le Roi. La tradition selon laquelle le plus jeune enfant de la famille se glisse sous la table et désigne la part revenant à chaque convive nous vient aussi des romains.

La personne ayant la fève devient le roi ou la reine et se doit d’offrir la prochaine galette ; par contre celui qui tire le sujet se doit d’offrir la boisson.

Dans le Sud de la France, on prépare traditionnellement une brioche en forme de couronne, còca en occitan, couverte de sucre granulé et fruits confits et un santon remplace la fève.

Depuis 1975, à Paris, les artisans boulangers-pâtissiers offrent tous les ans la galette de l’Élysée sans fève car le président de la République ne peut être couronné. La première fut offerte à Valéry Giscard d’Estaing et faisait un mètre de diamètre.

En Espagne, au Portugal et en Amérique latine, le jour des Rois mages est souvent un jour férié durant lequel les enfants y reçoivent leurs cadeaux car Noel est le jour de naissance de Jésus.

En Belgique et aux Pays-Bas : on mange également une galette à la pâte d’amande. Le plus jeune se cache sous la table pour désigner les parts et le roi choisit sa reine. Pendant la journée les enfants parcourent les rues en chantant la chanson de l’étoile et font du porte à porte pour recevoir des mandarines et des bonbons. En Wallonie, c’est à ce moment qu’on commence la préparation du Carnaval.

Dans le Sud des États-Unis, on mange le king cake de l’Épiphanie jusqu’au mardi gras.

C’est le jour de l’Épiphanie que l’on fête les Tiphaine, Tifenn (en breton), Tiffany (en anglais) ou Théophano, Théano (en grec). Ce prénom correspond en effet au mot Théophanie, ou manifestation de Dieu, les Jordan et les Jordane et les Noël s’ils sont Arméniens.

Photo : l’adoration des mages de Matthias Stom 1615–1649)

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