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Les Saturnales du 17 au 24 décembre


Toutes les civilisations anciennes célébraient le solstice d’hiver en invoquant des divinités associées à la fertilité et à la lumière. Avant le christianisme, les fêtes païennes et religieuses étaient nombreuses autour de la date du 25 décembre. Les plus connues étaient les Saturnales célébrées à Rome, du 17 au 24 décembre, en l’honneur de Saturne, dieu des semailles et du temps. Elles célébraient le règne de Saturne, représenté avec une faucille et un sablier et étaient la manifestation de la fête de la liberté (libertas decembris) et du monde à l’envers. Jour de liberté des esclaves à Rome, ces derniers devenaient les maîtres et les maîtres obéissaient aux esclaves.

 

La Légende dit que Saturne détrôné et devenu simple mortel, se réfugia en Italie, dans le Latium, où il rassembla les hommes féroces éparpillés dans les montagnes et leur donna des lois. Son règne fut appelé l’âge d’or, ses paisibles sujets étant gouvernés avec douceur et équité. C’est pour célébrer la mémoire de cet âge heureux que Rome fêtait les Saturnales.

Les Saturnales jouaient plusieurs rôles :

Elles célébraient le solstice d’hiver, période la plus sombre de l’année mais aussi promesse de jours qui vont bientôt allonger à nouveau.

Cette fête inversait l’ordre des choses et pendant un temps, l’autorité des maîtres sur les esclaves était suspendue et ceux-ci avaient le droit de parler et d’agir sans contrainte, libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux. Les tribunaux et les écoles étaient en vacances, les exécutions interdites. Les Romains cessaient leurs travaux : la population se portait en masse vers le mont Aventin. Un marché spécial (sigillaria) avait lieu.

On enlevait à la statue du dieu les chaînes qu’elle portait, chaines que Jupiter lui aurait infligées, afin de contenir son appétit dévorant en le soumettant au rythme régulier des astres et des jours.

Pendant ces journées de fêtes, on invitait famille et amis, on banquetait, on buvait, on faisait du vacarme, on dansait et on jouait. On suspendait des figurines au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. On ornait la maison de lierre, gui et houx et la végétation de guirlandes, on avait l’habitude d’offrir des cadeaux, on s’offrait des chandelles de cire, des figurines de pain ou de terre cuite, des pièces de monnaie, des porte-bonheur, du miel, des gâteaux, de l’or…

Ce temps de fête était placé sous le signe de Janus, divinité à deux visages, un pour le passé, l’autre pour le futur. C’est l’origine de janvier le mois de Janus. On ne revêt plus la toge, mais la tunique, vêtement des pauvres et des esclaves et on peut même coiffer le pileus libertatis, « bonnet de liberté », la coiffure des esclaves affranchis. On trouve là l’origine des déguisements de carnaval et même celui de la « fête des fous » au Moyen-âge puisque tous sont égaux, les esclaves prennent la place des maîtres et, lors d’un banquet, est désigné « roi de la fête » celui qui a trouvé la fève dans le gâteau ; on note bien sûr ici l’origine de la « galette des rois ».

Les Saturnales par Antoine Callet, 1783

Blog de Carole

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